Liberté, J'écris ton nom parce que je suis avocat et j'ai devoir de te défendre

6 novembre 2014 - Article de Me Jean de CESSEAU, Président d'honneur

                                                   LIBERTE

                                         J’ECRIT TON NOM

 PARCEQUE JE SUIS AVOCAT ET QUE J’AI DEVOIR DE TE DEFENDRE

 

Il n’est plus temps en effet de se pencher sur les détails d’une réforme scélérate de notre profession lorsque la liberté même est en danger.

Les promesses des politiciens n’engagent hélas que ceux qui les écoutent.

Cet adage trouve une application éclatante dans l’attitude malveillante sinon malhonnête de nos gouvernants à l’égard de la profession d’avocat qui ne saurait se laisser endormir par les chants de sirènes vénéneuses.

L’on connaissait la langue de bois ou l’art pour les pouvoir publics de masquer leurs intentions politiciennes, de se contenter de proférer des généralités, de ne jamais répondre aux interrogations citoyennes sur l’essentiel.

L’on était moins préparé aux mensonges délibérés proférés sans vergogne en pleine lumière par ceux qui prétendent nous gouverner et qui osent de plus fort, pour expliquer que leurs fausses promesses n’ont pu être tenues, jusqu’à inventer de supposées querelles internes , savamment orchestrées, entre BERCY et VENDOME.

BERCY entends mettre la profession d’avocat au pas en s’efforçant de la placer en situation de subordination par la créations d’avocats dans l’entreprise ou par l’apport envisagé de capitaux extérieurs au sein de nos cabinets qui obligeront à une rentabilisation de la défense.

Et de manière surprenante et manifestement contradictoire en livrant au contrôle de l’Etat, dans le cadre de l’aide juridictionnelle, la défense des plus démunis.

Or, VENDOME n’a de cesse de proclamer urbi et orbi qu’il s’institue protecteur de la profession tout en regrettant hypocritement ne pouvoir satisfaire celle-ci face aux exigences pressantes de BERCY.

Piètre scenario qui ne trompe personne mais qui débouchera, si l’on n’y prend garde, vers la disparition progressive de la seule profession de liberté, rempart contre les ukases politiciens et les pressions du pouvoir de l’argent.

Mes chers confrères, que l’on ne s’y trompe pas, l’on prétend réduire l’avocat en esclavage.

Nous sommes à l’évidence à l’orée d’une tentative de changement de société qui entend étouffer toute expression de liberté.

Il est temps  que chaque citoyen prenne conscience que l’avocat  placé sous le boisseau d’une logique de rentabilité ou qui doit sa survie aux exigences budgétaires de BERCY, sera subordonné aux lobbies des puissants du moment qu’ils soient politiques ou financiers et que l’assujettissement de

 cet  avocat au bon vouloir du Ministère des Finances dans le cadre de l’aide juridictionnelle transformera certains d’entre nous en «  fonctionnaires » de payeurs quels qu’ils soient.

En défendant l’indépendance de notre profession nous n’entendons pas protéger un corporatisme frileux, nous exprimons notre ferme volonté de défendre  la liberté et les libertés.

Voulons-nous demeurer dans un système démocratique qui puise son équilibre sur le maintien de pouvoirs et de contre-pouvoirs, ou voulons-nous être soumis à un régime de libéralisme paradoxalement « encadré » par des courants politiques changeants ou  par des exigences dominatrices de rentabilité ?

Voulons-nous dans la défense des plus faibles, nous soumettre à un régime « stalinien » imposé par les pouvoirs publics ?

Il est temps que l’élan de liberté prenne le pas sur des décisions arbitraires et irréfléchies prises par de petits énarques qui veulent bâtir une société sous contrôle, dans  un esprit étriqué d’efficacité technocratique.

Alors qu’une société démocratique n’existe et ne perdure que par sa volonté de préservation de la liberté de chacun.

Tout encadrement excessif, tout enfermement du droit de libre expression et de libre défense sous couvert d’une dérèglementation annoncée, voue ce type de société à une mort certaine.

 

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Si nous voulons être efficace,  dans notre action de préservation d’une démocratie équilibrée, ne nous contentons pas de défendre en interne notre profession mais mettons au plus vite en place une véritable campagne d’information vers les électeurs afin qu’au-delà de slogans politiciens trompeurs ils prennent conscience qu’un avocat libre de toute entrave est le seul et unique garant de leur liberté de défense de leurs droits fondamentaux.

Il est temps que la profession se lève pour défendre, dans nos barreaux, nos régions et au niveau national, auprès des citoyens les raisons pour lesquelles notre profession existe dans sa pleine noblesse qui est de s’opposer à tout arbitraire.

Mes chers confrères, vous êtes LIBERTE et cette liberté de défendre ne s’accommode d’aucune limite.                                                                 

Jean de CESSEAU
Président du CNAE- Président d’Honneur de la CNA